Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 22:52

L'EBM est au coeur de notre beau métier, qui nous permet d'utiliser des données dites probantes (traduction fort approximative d'evidence) pour guider nos décisions.

Sackett [2] rappelait que l'EBM ne se résume pas, loin s'en faut, à l'application sotte ou aveugle de recettes de cuisine mais que les données de la science sont un des éléments de la décision médicale. Nous savons tous, néanmoins, qu'une bonne part de ces données probantes sont de piètre qualité [1]
Une bonne synthèse que ce concept de « médecine factuelle » est apporté par non confrères canadiens [3] qui nous proposent, joliment, d'associer art et science.
Pour répondre aux questions cliniques apportées par sa pratique, le médecin généraliste doit lancer ses filets de recherche documentaire plusieurs fois par jour.
Ces questionnements sont, me semble-t-il, d'autant plus fréquents :
- qu'il est Maître de stage (et doit justifier ses attitudes devant son étudiant, ou critiquer les décisions des-dits étudiants avec des données de qualité)
- qu'il est membre d'un de ces groupes de pairs qui développent la culture du doute.
Le temps est une ressource rare en soins primaires, et disposer d'une base de données permettant de répondre à l'essentiel de ses questionnement serait d'un incommensurable confort. 
Rien de tel n'existe, à ma connaissance, en langue française. Seul le site « Vidal Reco » approche, de très loin, ce concept que les anglo-saxons appellent « Point of Care Summaries » ou POCs.
Depuis quelques années, j'étais abonné à une base finlandaise, traduite en anglais — EBM Guidelines — de bonne facture, complète et synthétique, peu onéreuse.
Mon abonnement ayant expiré sans sommation de l'éditeur, j'en ai été fort marri, et, avant de renouveler cet abonnement je me suis penché sur les concurrents. 
Bien m'en a pris !

J'ai trouvé les tarifs de UpToDate (495 $) et DynaMed (395 $) prohibitifs malgré un contenu éditorial très alléchant.

Puis j'ai découvert Best Practice le POCs du British Medical Journal.
Il est possible d'évaluer gratuitement ce service pendant un mois, sans restriction aucune !
Quelques jours d'utilisation, en consultation et le soir à la veillée, m'ont convaincu de la bonne qualité de ce service (200 €/an sur Mac et PC - 70 €/an sur iPad !)
- accès à la base de pharmacologie Martindale
- contenu très riche (plus de 1000 entrées)  avec recommandations, niveaux de preuve, vues synthétiques, 
- mises à jour fréquentes
- nombreuses références bibliographiques (par hyperliens)
La rubrique « evidence » est intéressante, qui donne des informations sur le service médical rendu des traitement proposés

Que ne disposons-nous, dans la langue de Molière, d'un tel outil en France ?
Ne s'agirait-il pas de la première étape d'une mise en pratique de la médecine factuelle par le plus grand nombre ?

Le seul bémol de cet outil est, évidemment, qu'il requiert une certaine maîtrise de l'anglais.
Pour les anglophones, Best Practice me parait mériter sa place dans la boîte à outils du généraliste, même s'il en existe d'autres ! [4]
-------------------
Bibliographie
-------------------
[1] Why most published research findings are false. PLoS Medicine, 2005http://bit.ly/rZt550
[2] Sackett DL, Haynes RB. De la nécessité d’une médecine basée sur des faits prouvés. EBM Journal (édition française) 1996;1:5-6
[3] Médecine factuelle : quand art et science vont de pair. FMOQ, 2011http://bit.ly/tJEEyV
[4] Evidence Baser Point of Care summaries. http://bit.ly/uz0QqJ


Par Dr Michel ARNOULD - Publié dans : Informatique - Communauté : Médecine générale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés